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Comment se comporter avec une masseuse érotique, selon des masseuses

Le respect au travail, c’est pour tous. Pas juste avec les employés du gouvernement, mais aussi avec les travailleuses qui, pour vivre, frottent les gens avec de l’huile et massent leurs parties intimes.
Audrey Patenaude

March 13, 2018, 06:36

Vu le nombre de professionnelles pratiquant le massage avec happy ending et de clients adeptes de ce type de pétrissage corporel, des bévues peuvent arriver. Une certaine conduite est à adopter lorsque l’on fait appel au service d’une masseuse érotique. Deux ex-travailleuses du sexe spécialisées dans le massage nous font part de leurs expériences.

Les comportements à proscrire

Jade* a travaillé dans deux salons de massages sur l’île de Montréal. Des agressions et microagressions lui sont souvent arrivées.

« Il m’est arrivé un moment où un client avait demandé un complet (qui inclut massage et pénétration) et que durant l’acte, il a essayé d’enlever la capote en scred en changeant de position en pensant que je ne voyais pas ce qu’il faisait. Il a été banni du salon de massage. »

Le milieu du travail du sexe est très concerné par la santé publique. Compte tenu des infections transmissibles sexuellement, notamment le sida, la santé sexuelle est une grande préoccupation. Désormais, le port du préservatif est devenu la norme durant l’acte entre le client et la travailleuse du sexe. Comme l’indique Jade, il y aura toujours des clients qui voudront contourner les règles, d’où l’importance d’avoir un cadre clair dès le départ.

Il peut aussi s’agir d’autres types d’écarts, comme le moment où Jade est entrée dans la chambre et que le client n’avait pas prit sa douche. Disons que son hygiène personnelle laissait grandement à désirer. Pourtant, à l’arrivée du client, la gérante lui avait bien expliqué que la douche était obligatoire, avant et après la séance.

Célia*, une ex-professionnelle du massage érotique, a commencé à pratiquer le métier à l’âge de 18 ans. En quatre ans, elle a travaillé dans une dizaine de salons. Des mauvais clients, elle en a vu plusieurs.

« Un client rancunier est venu au salon pour revoir la masseuse qu’il avait eue […] Il s’est plaint qu’elle l’avait insulté […] Il a fait semblant de partir et s’est retourné en pointant une arme à feu. Il a couru jusque dans la salle des filles pour trouver la masseuse et lui a tiré dessus. Heureusement, c’était un fusil à plomb, et il a visé le bras avant de prendre la fuite. »

Les comportements à encourager

Il y a de mauvais clients, mais il y en a aussi de bons. Les travailleuses et travailleurs du sexe encouragent grandement les compliments, le respect des limites, le respect de la protection, les bons commentaires à laisser sur les forums internet et j’en passe.

Selon Célia, les compliments sont fréquents, que ce soit durant la séance ou après. Se sentir valorisée en se faisant complimenter sur la qualité de son travail, c’est toujours agréable, qu’on soit coiffeuse ou masseuse érotique.

« Durant la séance […], des compliments se font entendre. Le client en parle aussi à la réceptionniste en sortant de la salle et, mieux encore, quand le client est VRAIMENT content, il écrit son expérience sur MERB [un forum de clients de masseuses, escortes, danseuses]. Beaucoup de salons se fient aux critiques qui s’y trouvent. »

Jade nous explique qu’il peut être agréable de se faire masser à son tour. Il peut arriver que le client insiste pour pratiquer un massage. Elle nous explique qu’elle le fait davantage avec des clients réguliers, puisqu’il peut être dangereux de se retrouver le dos tourné, sans avoir le client constamment en vue. Par contre, rien de mal à le proposer et, si elle est à l’aise, elle acceptera et ça lui fera probablement plaisir.

Alors quelles sont les caractéristiques du client parfait?

Il a l’argent comptant sur lui. Il est poli avec les masseuses lorsque vient le temps de les rencontrer. Il prend sa douche avant la séance, même s’il l’a déjà pris chez lui. Il se présente respectueusement à sa masseuse et ne négocie pas le prix. Il mentionne à l’instant ce qu’il désire comme service (ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas). S’il a des demandes spéciales, il les fait gentiment et est respectueux envers la masseuse si elle a des limites. On ne touche pas le visage et les cheveux de la masseuse si on a les mains pleines d’huile (oui, c’est à mentionner puisque ça arrive souvent). Il respecte le port obligatoire d’un préservatif, prend une douche avant de quitter l’établissement. Il remercie la masseuse chaleureusement et, dans un monde parfait, revient la voir régulièrement.

La violence dans le domaine du travail du sexe ne date pas d’hier, qu’elle soit verbale ou physique. Il existe d’ailleurs une Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe, le 17 décembre. Des cas comme ceux vécus par Célia et Jade se produisent chaque jour, partout dans le monde. Tout pourrait se faire sans violence et, pour ce faire, une éducation inclusive et féministe se doit d’être transmise à la clientèle.

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